Qui est Olivier Besancenot, le porte-parole du Nouveau parti anticapitaliste ?
Enfant de la région parisienne, il rejoint à l’age de 14 ans la Ligue Communiste Révolutionnaire qui se définit comme trotskyste antistalinienne. Tout un programme. Nous sommes à la fin des années 1980, à l’est un mur s’effondre ce qui lui font vivre un moment d’espoir, vite déçu par le succès de la restauration capitaliste. Depuis 1997, Olivier est postier dans les Hauts-de-Seine, idéal pour cultiver le contraste entre ses fonctions avec les personnes qu’il dessert. Olivier prend du grade à la LCR. EN 2002 il devient porte-parole de la LCR, se présente aux elections présidenielles la même année et cinq ans plus tard où il recueille respectivement 1,2 et 1,5 millions de voix. Coté privé, on reste très discret. Un temps compagnon de la fille de Krivine, ancien leader de la LCR, il vit aujourd’hui avec une directrice d’édition et il a un enfant.
Il a une jolie gueule et du verbe. Il soutient et prêche la Révolution pour en finir avec le capitalisme et instaurer une démocratie directe et égalitaire. Son modèle de Révolution ? 1917 et les révolutions Sud-Américaines. Son modèle de régime ? La Commune de Paris. Son personnage à la figure d’ange qui professe un discours révolutionnaire ferait penser à un Saint-Just. Jeune révolutionnaire acolyte de Robespierre, il se distingue par son intransigeance sous la Terreur : « La force n'a ni droit ni raison, mais il peut être impossible de s'en passer pour faire respecter le droit et la raison »…
Au dernier baromètre IPSOS d’Octobre 2009, il est la 10e personnalité préférée des français avec 46% d’opinion favorable. Au-delà de la conjoncture et des contingences politiques, qu’est ce qui explique cette popularité pour un personnage radical ?
Tout d’abord il maitrise sa communication avec talent en conciliant un paradoxe inhérent à la gauche radicale ; il est un personnage extrémiste crédible. Il ne professe pas d’idéologie mais rappelle des principes, ce qui le distingue de ses ainées et leurs utopies. De plus, il se bat sur des sujets concrets et variés; du changement de statut de la Poste au CPE en passant par l’Europe, qui le font participer au débat public quotidien. Enfin il est postier, discret père de famille, habite dans un quartier populaire du 18e, bref un homme de la base qui défend la base. Cette sincérité dénote avec le reste de l’échiquier politique. Au-delà de sa crédibilité, il y a la manière de parler. Il s’exprime bien, un langage clair et structuré parfois ponctué de gros mots (« putain ! », « c’est dégueulasse ! ») qui véhiculent une colère légitime et humaine face aux injustices du monde.
Bref on peut ne pas être d’accord avec sa posture révolutionnaire tout en appréciant le personnage ; redoutable équation médiatique !
Voilà pour le personnage, la matrice et la posture. En ce qui concerne la révolution qu’il conduirait et les mesures qu’il mettrait en place, on ne sait pas véritablement ce que cela donnerait. Et il n’y a rien de rassurant. « La force n'a ni droit ni raison, mais il peut être impossible de s'en passer pour faire respecter le droit et la raison »…
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