mercredi 16 décembre 2009

CALIGULA - Petit...

Petit, dans la classe sentant la cire, assis sur la droite, pres de la fenetre d’où j’observais les gens passer dans la rue et les grands marronniers de Sainte Anne se balancer doucement, je regardais terrorisé Sœur Solange dans sa tenue d’oblate noire et blanche me dire, severe et droite mais juste et bonne, un petit crucifix de fer balançant a hauteur de mes yeux: « Apprends bien tes lecons mon enfant et tu deviendras docteur, savant, tu aideras les autres, ce n’est qu’en travaillant du mieux que l’on peut que l’on devient un homme. La rigueur et l’excellence mon enfant, garde cela bien en tete… ». Puis ce fut les annees ingrates au college Sainte Marie, les grandes baies de ma classe donnaient sur ce parc austere et sombre ou meme l’envie d’y faire des aneries adolescentes se dissipait sous l’ennui post-pubere. On grandissait mal, les membres trop grands, le corps degingandé, les humeurs maussades, parfois, noyé de spleen, j’allais fumer un clope derriere la Tour d’Angle, la ou le Père P. s’evertuait a planter des fleurs qui desesperees de tant de gris se transformaient inmanquablement en cannes… la vie alors coulait, lente et grasse d’erreurs de cœur en ratés sentimentaux mais j’ecoutais alors le Père V. nous dire dans le grand amphiteatre (que l’on appelait, allez savoir pourquoi, le « cinema ») : « Soyez adultes, mes fils, travaillez, grandissez, apprenez, et devenez des hommes qui aideront d’autres hommes, c’est au prix de l’excellence, du travail et de l’intelligence que vous deciderez de vos vies ». Puis ce fut l’Universite, la liberte estudiantine, ma premiere voiture, les sorties en boite, les premieres vraies ivresses, le temps filant en eau vive, les filles au sourire caché, les amis pour toujours, la politique un peu et a Sciences Pipo j’entendais le Professeur FCM me dire dans son bureau : « Votre mémoire n’est pas si bon que ca, Caligula, c’est un travail mediocre. Ne vous satifaites pas de la mediocrite, travaillez, continuez a travailler, toujours, dans l’excellence et la rigueur sans relache et vous apporterez votre pierre a l’edifice ». Puis ce furent les stages, les langueurs genevoises, les heures americaines, le Grande Ecole, mes amis pour toujours, les pecheurs de lune, le lac, la vie partout, tout le temps, sans arret, et j’entendais BR le directeur, nous dire : « Depassez vous, entreprenez tout, tentez tout, osez, dans l’excellence et la rigueur ». J’ai essaye.
Franchement j’ai essaye. Et ce matin, un peu fatigue de cette semaine, apres un enieme mail de ces emmerdeurs qui s’accrochent a moi comme un morpiacée au poil du frifri au bureau, j’ai lu ceci, de l'un des « meilleurs d’entre nous », de l’un de ceux qui gouvernent, de l’un de ceux qui « aident les autres hommes » et j’ai eu comme envie d’appeler Sœur Solange pour lui demander si elle était sure sure de ce qu’elle m’avait dit il y a 20 ans:
http://www.liberation.fr/societe/0101608754-pour-lefebvre-les-exiles-afghans-feraient-mieux-d-aller-faire-la-guerre-chez-eux

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